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L’éducation au Sénégal


L'éducation au Sénégal reste un objectif de première importance pour les gouvernements successifs, car la population est extrêmement jeune.
Faute de moyens suffisants, le gouvernement sénégalais a dû libéraliser le système éducatif. Plusieurs écoles et universités privées ont vu le jour et ont un véritable succès tant la demande est forte. Le gouvernement n'est pas en mesure de superviser et labelliser ces différents établissements.
Il faut y ajouter la place croissante des nouvelles technologies, cependant très inégalement diffusées.
L’apparente suprématie de la forme scolaire installée par le colonisateur ne peut faire illusion : en la qualifiant d’“occidentale”, de “française”, de “formelle” ou de “moderne”, les populations indiquent à la fois qu’elles considèrent que cette école leur est extérieure et qu’elles n’acceptent de la respecter que pour autant qu’elle leur ouvre l’accès aux biens matériels associés à la modernité occidentale. Cette forme d’adhésion conditionnée a laissé de la place aux dispositifs traditionnels de formation : l’école coranique n’a jamais cessé de fonctionner au Sénégal, elle s’est seulement adaptée, de manière souple et continue, aux nouvelles conditions que l’évolution sociale lui imposait. L’école de l’État n’a pas remplacé les institutions plus anciennes de socialisation, elle est venue s’y ajouter en introduisant ses critères de hiérarchisation des personnes et des savoirs.

Son accès à l’indépendance a conduit le Sénégal à porter à l’explicite la nature et la forme des relations qu’il envisageait entre les instances susceptibles d’intervenir dans la formation des jeunes générations.
Ainsi, la Constitution de 1963 dispose que : « La République est laïque, démocratique et sociale. (…) Chacun a le droit de s’instruire (…). Il est pourvu à l’éducation de la jeunesse par des écoles publiques. Les institutions et les communautés religieuses sont également reconnues comme moyen d’éducation. (…) Des écoles privées peuvent être ouvertes avec l’autorisation et sous le contrôle de l’État. (…) Les institutions et les communautés religieuses (…) sont dégagées de la tutelle de l’État ».
Dès son indépendance, la République laïque du Sénégal dégage donc de sa tutelle les institutions et communautés religieuses qu’elle reconnaît “comme moyen d’éducation”. Elle accepte dans le même temps la création d’écoles privées. En d’autres termes, le contrôle de l’enseignement n’apparaît au constituant sénégalais que comme un objectif lointain, progressivement abandonné : en 1996, le décret portant application de la loi de transfert de compétences aux régions, communes et communautés rurales, a redistribué partiellement la responsabilité de l’enseignement sur les niveaux infra-étatiques. La constitution de 2001 a ensuite précisé le rôle de chaque instance. L’État « a le devoir et la charge de l’éducation et de la formation de la jeunesse par des écoles publiques.
Tous les enfants (…) ont le droit d’accéder à l’école. (…) Toutes les institutions nationales, publiques ou privées, ont le devoir d’alphabétiser leurs membres et de participer à l’effort national d’alphabétisation dans l’une des langues nationales ». Si la responsabilité de l’État dans l’éducation est réaffirmée avec force, les instances infra-étatiques ou privées voient leur rôle se renforcer ou s’officialiser.
La redéfinition restrictive du rôle de l’État imposée aux pays du Sud a conforté la stratégie du “faire-faire”, qui confie à des opérateurs non-gouvernementaux des tâches de conception et de mise en oeuvre de programmes d’éducation, dans une approche décentralisée qui entend rendre les acteurs de la base pleinement responsables de leur destin. Cette évolution n’a pas provoqué de changements radicaux du paysage éducatif, elle a donné un clair droit de cité à une multitude de dispositifs qui se développaient à côté de l’école formelle.

L’absence de régulation a fait du champ éducatif un terrain d’affrontement entre des conceptions concurrentes de l’enseignement. Des établissements poursuivent des projets différents qu’aucun équivalent universel ne permet de classer. Les formes les plus fréquemment rencontrées sont l’école publique, l’école privée laïque, l’école privée catholique, l’école franco-arabe, l’école arabe et le daara, sous les trois formes que le terme peut désigner.

L’école publique est exposée à toutes les critiques et objet de toutes les convoitises.

L’école privée s’impose comme un modèle alternatif face à cet enseignement officiel partiellement à la dérive : l’enseignement privé catholique obtient les meilleurs résultats aux épreuves nationales. Il est suivi, à bonne distance, par l’enseignement officiel, puis par l’enseignement privé laïque.
Une distance est postulée entre l’État et les citoyens : « c’est l’État qui est laïque, pas les citoyens » .

En octobre 2002, les autorités politiques ont décidé d’introduire l’enseignement de la religion dans les programmes et d’intégrer les talibés des daaras dans les statistiques de l’Éducation nationale.

Les daaras : sacrés et inscrits dans la cité.
Le daara, ou école coranique, est l’établissement le plus éloigné de la forme scolaire incarnée par l’école publique. Son objectif premier est d’enseigner le Coran et de « favoriser l’épanouissement spirituel des enfants » (inspecteur dans l’enseignement public). L’appréciation de ses méthodes pédagogiques varie fortement selon le type de daara dont il est question. « Daara n’est pas un mot wolof, il signifie maison en arabe. On y enseigne le Coran et les principes de la religion islamique » (maître d’école arabe). Cette définition large recouvre au moins trois types d’établissements. Dans les daaras modernes, les enfants consacrent une partie de leur temps à l’étude du Coran, le reste à des travaux agricoles comme jadis, lorsque les talibés, en échange de l’enseignement religieux qu’ils recevaient de leur marabout, cultivaient ses terres et assuraient ainsi la subsistance collective. Selon un principe analogue, les daaras modernes demandent une contribution financière aux familles et reçoivent des aides publiques et des dons privés.

Les daaras traditionnels sont une variante des précédents. Ils sont placés sous la responsabilité d’un marabout qui, dans la majorité des cas, ne dispose pas des moyens pour accueillir un grand nombre d’enfants. Ceux-ci sont livrés à eux-mêmes en dehors des temps où ils apprennent le Coran. Ils mendient, cherchent leur nourriture, tentent de recueillir les quelques sous que le marabout leur réclame quotidiennement.
Dans ces daaras traditionnels et modernes, l’enfant est coupé de sa famille, qu’il ne voit qu’à de très rares occasions. Tel n’est pas le cas des écoles coraniques de quartier, où l’enfant ne passe que quelques heures par jour et qu’il quitte tous les soirs pour rejoindre sa famille. Ces écoles visent à apprendre le Coran aux enfants en congé scolaire ou trop jeunes pour aller à l’école publique.
Tous les maîtres de religion musulmane interrogés soulignent les efforts consentis par les daaras modernes en vue « d’améliorer les conditions d’existence des disciples telle la propreté du corps et des habits » (responsable d’un institut islamique) ; certains considèrent même « qu’actuellement, l’élève peut mémoriser le Coran sans pour autant subir les brimades des temps passés » (idem). Le travail effectué par les responsables de daaras modernes pour les adapter aux exigences des sociétés contemporaines est reconnu par des agents de l’enseignement public : « des daaras renommés tentent de plus en plus, non seulement de posséder le savoir, mais aussi d’avoir des valeurs favorables (…) à une insertion dans la société » (inspecteur dans l’enseignement public). Des propos de ceux qui l’apprécient, il ressort que le daara moderne est un internat retiré de la ville, où est donnée une éducation religieuse rigoureuse.
Celui de Coki, qui bénéficie désormais de subventions publiques et d’aides privées, est souvent cité. Les conditions de vie y ont été très dures et d’aucuns affirment que la situation actuelle n’est pas encore parfaite : « même pour Coki, il a fallu que l’État lutte pour que certaines pratiques obsolètes telles que les tortures soient abandonnées. Ils se modernisent parce qu’il y a heureusement des ONG qui se sont intéressées à la chose », témoigne un Préfet. Des acteurs de l’enseignement formel estiment que les daaras pourraient trouver place dans le système éducatif s’ils faisaient l’objet d’une réglementation et d’un contrôle de la part des autorités civiles. Dans tous les cas, les enquêtés proches du secteur formel n’accordent leur soutien aux daaras modernes que pour rejeter avec plus de force les daaras traditionnels : « Dans les daaras modernes, les parents paient, les sérignés (maîtres) n’osent pas faire mendier les talibés (élèves) pour ne pas les perdre. Les élèves se lavent, s’habillent bien et sont bien logés. Quant aux daaras traditionnels, Dieu seul sait si l’enfant a un habit par mois ».

Depuis 2000, le Sénégal poursuit l’ambition d’être à l’horizon 2015 un pays émergeant aux plans économique, social et politique. Pour atteindre cet objectif dans un contexte de mondialisation qui expose notre pays à divers contraintes, il est urgent de parachever la mise en place d’un cadre macro économique viable, mettant l’accent sur l’amélioration continue de la compétitivité de l’économie, le développement humain durable et la bonne gouvernance.
Il se doit également de créer pour le secteur privé un environnement plus propice à ses activités, en mettant en œuvre entre autre des programmes ambitieux à moyen terme visant à mettre en valeur les ressources humaines.
A ce niveau, se trouve justifié la priorité accordée par le gouvernement du Sénégal à l’éducation et à la formation qui sont devenues d’importants enjeux dans le processus de développement.




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