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Enfants des rues au Sénégal

Association pour la Protection des Enfants des Rues
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Problématique des talibés



Saint-Louis jadis capitale du Sénégal, subie aujourd’hui les aléas d’une crise économique sans précédent. Elle souffre des mêmes maux que toutes les villes de l’intérieur du pays aggravés par la crise de l’arachide et l’avancée de la désertification. Sans infrastructures économiques, la ville conserve tout un patrimoine historique. Le tourisme y est intelligemment géré. La pêche artisanale et le petit commerce sont les seules sources de richesse.
Ce faisant, la hausse des prix de consommation courante, la pauvreté et son corollaire le spectre du manque de moyens de subsistance dans les villages ont favorisé la migration des marabouts et de leurs talibés vers les grandes villes comme Saint-Louis où le chômage gagne la majorité des ménages essentiellement communautaires. Il découle de cette situation désastreuse, une baisse drastique de la production agricole principale source de revenue de la population rurale. Les premiers à faire les frais de ce tableau sombre, restent sans aucun doute les enfants. Certains sont abandonnés à la rue la plus grande partie de la journée et parfois même la nuit. Ceux-ci sont appelés « talibés », des enfants qui apprennent le coran chez des marabouts venus principalement de villages lointains. Ils représentent la plus grande partie des enfants des rues. Ces enfants, déjà psychologiquement fragiles, sont livrés à eux même à la merci des maladies comme la gale, le paludisme, le choléra, de la faim et autres dangers de la société. Une partie de la ville reste inondée pendant l’hivernage. C’est justement dans ces quartiers dits semi urbains où s’installent les marabouts et les talibés.


L’évolution du contexte socio-économique au Sénégal, a amené de façon croissante les Marabouts à utiliser leur métier pour en tirer un profit. Les sécheresses des années 70/80 vont accélérer la prolifération des marabouts qui vont créer ce qu’on appelle plus couramment : le marché de l'aumône.
Les marabouts sont respectés car ils connaissent le Coran parfaitement, ce qui en fait des hommes dont la parole n'est jamais remise en cause dans une société où 90% de la population est musulmane. Ce phénomène est surtout présent au Sénégal, car celui ci est divisé en plusieurs confréries religieuses, notamment les Tidjanes, les Mourides et bien d'autres. Les marabouts argumentent en démontrant que l'éducation donnée aux talibés permet de franchir les diverses difficultés de la vie car la souffrance est une préparation à la capacité de faire face à toutes les situations. Par ailleurs enseigner le Coran aux enfants dans leur village présente selon eux un handicap dans leur apprentissage à cause de la distraction due aux activités de la famille. Ces « maîtres de Coran », pour la plupart anciens talibés, remercient leurs marabouts qui ont tourné le dos à tous les bonheurs de la vie et se sont consacrés à leur éducation.
Ceux-ci mettent l'accent sur l'importance des talibés et qui se chargent de propager le Coran, de guider les prières, de légaliser les mariages ou les baptêmes, se chargent des morts... Selon eux, combattre l'existence des talibés serait se priver des nécessités de la pratique islamique.

Cependant, les divers maîtres d’écoles interrogés disent qu’il est indispensable d’envoyer leurs talibés mendier, seul 25% reconnaissent que les quêtes créent une entrave aux études des talibés, mais le plus frappant est le fait que 66% des marabouts dirigent leurs propres enfants vers les écoles publiques durant la journée et leur dispensent l'enseignement coranique (le midi et le soir).
D’une façon générale, le Coran est la seule discipline enseignée aux enfants et en principe tout élève au terme de son parcours doit l’assimiler dans sa totalité (114 sourates soit environ 604 pages). L’essentiel de la pédagogie réside dans la mémorisation des différents versets.
L’apprentissage de la lecture et de l’écriture n’apparaît pas comme primordial et se trouve le plus souvent réserve a l’élite destinée à prendre la relève des marabouts et des chefs religieux.

Pour la grande masse des talibés, la mendicité constitue un handicap majeur dans l’acquisition des connaissances religieuses, comme l’indique l’emploi du temps car avec un tel emploi du temps, les talibés ne consacrent à leurs études qu’environ 30 % de leur temps utile. Selon l’expérience menée au Daara (école coranique) de Malika, les talibés n’acquièrent qu’entre 1 et 10 % des connaissances qu’ils auraient dû assimiler s’ils bénéficiaient d’un apprentissage normal… Mais avant tout, nous remarquons que la mendicité est un phénomène urbain dont l'origine provient des marabouts qui ont fuit la pauvreté des campagnes : c'est ainsi qu'ils ont commencé à exploiter leur "seule richesse", c'est à dire leurs élèves.



Dans le contexte urbain actuel, les marabouts tendent à envoyer mendier pour leurs propres besoins en oubliant qu’auparavant, les talibés mendiaient pour l’apprentissage de l’ascèse et l’humilité.
C’est fort de ce constat que M. BA s’est donné pour objectif de sortir ces enfants de leurs malheureuses péripéties et surtout de leur faire échapper le bout du tunnel dans lequel ils baignent depuis très longtemps. Ainsi, l’APER sous sa coupole se donne pour mission essentielle d’apporter un soutien affectif, éducationnel, sanitaire à ces enfants des rues de la ville de Saint-Louis.



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